L’hypothèse d’un effet protecteur de la nicotine vis-à-vis de l'infection par SARS-CoV-2 demande à être confirmée par des essais préventifs et thérapeutiques (illustration).
L'arrêté du 23 avril 2020 restreint provisoirement les modalités de dispensation des substituts nicotiniques.
Plus précisément, jusqu'au 11 mai 2020, les modalités de dispensation en pharmacie d'officine des spécialités à base de nicotine (cf. Encadré 1) sont les suivantes :
- limitation à 1 mois de traitement : le pharmacien ne doit délivrer que la quantité de boîtes nécessaire pour un traitement de 1 mois ;
- enregistrement systématique dans le dossier pharmaceutique (DP) : le nom de la spécialité et la quantité de boîte(s) délivrée doit être inscrite systématiquement au DP du patient, que la dispensation fasse suite à une prescription médicale ou non. Pour rappel, les substituts nicotiniques peuvent être délivrés sans ordonnance médicale.
Encadré 1 - Indication thérapeutique des substituts nicotiniques
De formes pharmaceutiques diverses (comprimé, patch, gomme à mâcher, etc.), les substituts nicotiniques sont des spécialités médicamenteuses à base de nicotine, indiquées dans le traitement de la dépendance tabagique (cf. VIDAL Reco "Tabagisme : sevrage"). L'ANSM recommande de réserver l'accès à ces médicaments aux patients pour lesquels ils sont strictement indiqués. |
Une décision pour contrer une possible utilisation hors AMM de la nicotine
Ces mesures de précaution vis-à-vis des substituts nicotiniques sont prises dans un contexte de médiatisation autour d'une éventuelle action protectrice de la nicotine contre la maladie COVID-19.
Une enquête transversale (Makoto Miyara et coll., Preprint V3), conduite à l'AP-HP de la Pitié Salpêtrière (Paris), suggère en effet que "les fumeurs quotidiens ont une probabilité beaucoup plus faible de développer une infection symptomatique ou grave du SRAS-CoV-2 par rapport à la population générale".
Dans son allocution quotidienne du 22 avril 2020, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a précisé que cette piste mérite d'être approfondie, mais qu'à ce jour, aucune donnée scientifique ne permet de conclure sur l'effet protecteur de la nicotine vis-à-vis de l'infection par SARS-CoV-2. Des demandes d'essais préventifs et thérapeutiques visant à évaluer cet effet et les doses nécessaires sont en cours d'instruction.
En attendant les conclusions de ces études, la DGS (Direction générale de la Santé) met en garde contre une consommation excessive ou un mésusage des spécialités à base de nicotine. Du fait de son activité pharmacologique, la nicotine expose à des risques sanitaires non négligeables, d'autant plus graves chez les non-fumeurs (risque de dépendance).
Enfin, la décision d'encadrer la dispensation des substituts nicotiniques vise à garantir l'approvisionnement continu et adapté de ces médicaments pour répondre aux besoins des personnes nécessitant un sevrage tabagique.
Pour aller plus loin
Arrêté du 23 avril 2020 complétant l'arrêté du 23 mars 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire (Journal officiel du 24 avril 2020 - texte 9)
Substituts nicotiniques : attention aux risques, notamment pour les non-fumeurs - Point d'information (ANSM, 24 avril 2020)
Sources
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !
Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.